Quand as-tu réussi dans la vie?

Gepubliceerd op 10 januari 2026 om 12:41

À propos de valeur, d’apparence et de l’année du cheval

“… alors qu’à ce stade, tu n’as rien construit de ta vie et que tu profites simplement de la société.”

Cette phrase m’est arrivée par mail peu après Noël.

Pas parce qu’elle était vraie, mais parce qu’elle révélait quelque chose.
À l’improviste. Brutalement. Sans nuance.

Comme si elle résumait sans effort qui je suis.

Un jugement que beaucoup connaissent — parfois exprimé, souvent intériorisé.
Une mesure que l’on sort rapidement, même quand personne ne l’a explicitement demandée.

 

Je suis restée avec cette phrase…

Pas tellement avec les mots eux-mêmes, mais avec la question qui se cachait dessous.

L'essentiel est parfois invisible pour les yeux

Quand as-tu « réussi » dans la vie ?

Apparemment, il existe une sorte d’échelle non écrite pour ça. Une échelle que l’on remet rarement en question, mais que l’on sort volontiers pour mesurer les autres — et soi-même.

On dit que tu as réussi si tu :

  • gagnes suffisamment d’argent

  • possèdes une maison

  • as des actions, de la sécurité, des progrès à montrer

  • as une famille qui semble heureuse de l’extérieur

  • maintiens une relation, même « pour les enfants » ou pour sauver les apparences

  • as un emploi avec prestige, statut, un titre

  • participes chaque jour à la course effrénée, sans trop poser de questions

  • et surtout : ne dévies pas du chemin

Celui qui dévie, qui ralentit, qui sort de systèmes qui ne fonctionnent plus, qui choisit le travail intérieur plutôt que des trophées visibles… est vite regardé différemment.

Alors le jugement s’insinue.
Alors apparaissent des mots comme « profiter ».

Qu’est-ce qui pousse quelqu’un à écrire une telle phrase à autrui ?

Peut-être cela en dit-il moins sur la personne visée, et beaucoup plus sur le cadre de pensée de celui qui écrit.

Car une telle affirmation repose sur toute une série de suppositions :

  • que la valeur équivaut à la productivité économique

  • que construire ne compte que si c’est visible et mesurable

  • que prendre soin, guérir, ralentir ne sont pas de véritables contributions

  • que le travail intérieur n’est pas du travail

  • que celui qui sort du système en profite

  • et peut-être aussi ceci :

Si je me mesure selon cette échelle, alors toi aussi tu dois le faire.

C’est une forme de projection. Une tentative de maintenir ses propres convictions en les collant sur autrui.

Mais si cette échelle est fausse ?

Nous naissons sans possessions. Nous quittons ce monde après notre dernier souffle avec… rien. Pas de maison. Pas de compte en banque. Pas de titre.

Que reste-t-il alors ?

Peut-être pas ce que tu possédais, mais :

  • à quel point les gens se sont sentis en sécurité avec toi

  • s’ils se sont sentis vus et entendus

  • si tu as eu le courage de vivre honnêtement

  • si tu as brisé des schémas au lieu de les transmettre

  • si tu es devenu plus doux là où la vie essayait de te rendre dur

Ce ne sont pas des choses que l’on peut mettre en avant.
Pas des choses qui suscitent des applaudissements.
Mais elles ont un effet durable. Souvent silencieusement. Souvent profondément. Parfois pendant des générations.

Peut-être as-tu réussi dans la vie si tu :

  • as osé arrêter de vivre pour l’apparence

  • as pris la responsabilité de ta propre guérison

  • n’es pas devenu amer, malgré tout

  • as transmis à tes enfants autre chose que ce que tu as reçu

  • as appris à écouter ton corps et tes limites

  • es resté fidèle à tes valeurs, même si cela a coûté ton statut

C’est aussi construire.

Pas verticalement — plus haut, plus grand, plus loin.
Mais horizontalement et vers l’intérieur.

Pour quelque chose que l’on ne peut pas montrer, mais que l’on peut transmettre.

Ce blog n’est pas une défense. Ni une explication. Ni une tentative de me justifier.

C’est une invitation à ne plus répondre automatiquement à cette question par des chiffres, des possessions ou un succès extérieur.

Peut-être que la vraie question n’est pas :
« Qu’as-tu construit ? »

Mais :
« Qui es-tu devenu ? »

2026, l'année du cheval

Alors appelons-la autrement.

2026 est l’année du cheval. Vivons-la ainsi.

Pas l’année du plus, plus vite ou plus haut. Mais l’année de rester fidèle à ce qui est juste.

Comme un cheval qui ressent parfaitement ce qui n’est pas pur. Qui ne suit pas par politesse. Qui s’arrête, refuse ou s’éloigne quand la pression est trop forte.

L’année où nous ne construisons plus pour le monde extérieur, mais où nous nous alignons sur notre vérité intérieure.

Peut-être as-tu réussi dans la vie quand tu ne prouves plus, mais incarnes.

Quand tu ne cours plus, mais restes.

Solide. Honnête. Présent.

🤍

Peut-être que tu n’as pas réussi dans la vie parce que tu as construit quelque chose,
mais parce que tu as osé lâcher prise.

 

🤍

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