Pour l’enfant que tu as été, et la personne âgée que tu deviendras
Il a dit qu’il ne pourrait jamais avoir de rapports sexuels avec quelqu’un de « gros ».
C’était une phrase lancée sans réfléchir, lors d’une soirée, entre conversations, rires et musique.
Il venait pourtant de me dire à quel point il trouvait mon corps beau. Mince. Tonique. Féminin.
Et oui, je peux honnêtement dire qu’aujourd’hui, je me sens bien dans mon corps.
Mais ce qu’il a dit est resté.
Pas parce que cela me concernait. Mais parce que cette expression en dit long sur la manière dont nous regardons le corps des autres. Sur qui a le droit d’être beau, et qui ne l’a pas. Sur la rapidité avec laquelle nous réduisons la beauté à une norme, un jugement, une frontière.
Qui es-tu pour décider que quelqu’un n’est pas beau ?
Qu’est-ce que la beauté, au fond ?
Mon corps. Mon histoire. Mes traces. Ma sagesse.
L'amour de soi et de son corps
Ce blog parle d’amour de soi.
Et l’amour de soi passe aussi par l’amour de son corps. De son apparence. De la façon dont on se sent dans sa propre peau.
Et c’est précisément là que beaucoup d’entre nous se heurtent à une grande autocritique et à des doutes, sans réponse à ce que la société « impose » souvent.
Notre société a une idée tenace de la beauté. Comme si un corps devait se mériter. Comme si l‘estime dépendait d’être mince, ferme, épilé, jeune, sans douleur.
Moi aussi, je suis passée par là.
Moi aussi, j’ai eu des complexes. Pendant des années, j'ai regardé certaines parties de mon corps d'un œil critique. Avec le temps, j’ai appris à les accepter. Non pas parce qu’elles ont disparu mais parce que je suis devenue plus indulgente envers moi-même. Avec douceur.
L’amour-propre ne signifie pas s’extasier devant le miroir chaque jour. Cela signifie arrêter de lutter contre son corps. Ne plus le voir comme quelque chose qui doit être jugé, mais comme quelque chose qui te porte. Qui t’a fait traverser la vie.
Qui envoie des signaux. Qui pose des limites. Qui porte des histoires.
L’amour de soi, c’est aussi l’acceptation et le lâcher-prise. L’âge apporte peut-être des rides, des lignes moins tendues, des cheveux gris. Mais il apporte aussi autre chose :
Du vécu. De l’expérience. De la sagesse.
Un corps qui ne cherche plus seulement à être beau, mais à être vrai. Un corps qui n’a plus besoin de prouver, mais qui peut se reposer dans ce qu’il est devenu.
On dit souvent que l’amour de soi est quelque chose qui s’apprend.
Comme une compétence. Une checklist. Un objectif à atteindre quand on fait tout « correctement ».
Mais c’est rarement ce que l’on ressent.
L’amour de soi n’est pas une destination.
C’est une relation. Avec soi-même.
Et comme toute relation, elle demande de la sécurité, du temps et de l’honnêteté.
Qu’est-ce que l’amour de soi, vraiment ?
L’amour de soi, ce n’est pas se trouver formidable en permanence.
C’est continuer à s’accrocher à soi-même quand ça devient difficile.
Quand le doute apparaît.
Quand les vieux schémas refont surface et que tu sens que tu replonges dans le mode survie.
La confiance en soi semble parfois figée.
Comme quelque chose reçu dans l’enfance, ou donné à la naissance.
Mais en réalité, elle se développe lorsque ton système recommence à reconnaître la sécurité.
Quand tu as souvent dû survivre, ton corps apprend à rester en alerte.
Alors tu ressens ce devoir constant :
continuer, être fort, fonctionner.
Alors qu’au fond, tu as peut-être simplement besoin de repos.
De douceur.
D’un endroit en toi où tu peux enfin souffler.
C’est pourquoi la confiance en soi et l’amour de soi commencent rarement dans la tête.
Ils commencent dans le corps. Dans ton corps à toi.
Quand tu réapprends, pas à pas, à faire confiance à ton corps, un espace se crée.
De l’espace pour t’aimer toi.
Pour te prendre au sérieux.
Pour te porter comme tu en as peut-être manqué autrefois.
C’est ce qu’on appelle le re-parenting.
Ne plus laisser seule ta version plus jeune,
mais lui apprendre, après toutes ces années :
Je suis là.
Je reste avec toi.
Et tu n’as plus à faire cela seule.
Les deux personnes qui comptent
Quand je pense à l’amour de soi, je ne pense pas à la perfection. Je pense à deux personnes.
Je pense à deux personnes.
La première est la version de toi à huit ans.
Cet enfant ne regarde pas à quel point tu es devenu maître de toi-même,
ni ta maîtrise, ni ta force, ni ton apparence.
Cet enfant veut savoir :
– Ressens-tu encore de l’émerveillement ?
– Oses-tu encore faire des choses qui font battre ton cœur plus vite ?
– Avances-tu parfois avec peur, mais avances-tu quand même ?
La version plus jeune de toi n’est pas impressionnée par tes performances.
Elle veut savoir si tu vis. Si tu vis ta vie vie, plutôt que de simplement y survivre.
La deuxième est la version de toi à quatre-vingts ans.
Cette version plus âgée est plus silencieuse qu’on ne l’imagine.
Elle ne crie pas de conseils.
Elle observe. Elle attend.
Et elle ne mesure pas tes jours au succès, mais au courage. À l’honnêteté. À la présence.
À cette question :
As-tu été toi-même, dans les moments où il aurait été plus facile de disparaître ?
La douleur de s’abandonner
Il existe une tristesse qui survient quand on s’abandonne.
Quand on reste fidèle à des attentes qui ne t’on jamais aimé.
Quand on continue à prouver, à tenir, à persévérer pour des personnes qui finiront par t’oublier.
Beaucoup de gens ne sont pas épuisés parce que la vie est trop lourde,
mais parce qu’ils vivent une vie qui n’est pas la leur.
Et pourtant, il y a autre chose aussi.
Quelque chose de doux.
La prise de conscience qu’il est encore temps de faire marche arrière.
Quand atteint-on l’amour de soi ?
Peut-être que c’est la mauvaise question.
L’amour de soi n’est pas un but final.
C’est le moment où tu cesses de négocier avec ton âme. Le moment où tu ne repousses plus ta joie jusqu’à ce qu’elle soit « méritée ». Où tu ne te rétrécis plus dans les moments qui te font te sentir vivant.
Si tu ressens cette agitation silencieuse, ce tiraillement diffus,
ce mouvement doux à l’intérieur que tu ne peux pas vraiment expliquer, écoute-le.
Ce n’est pas de la peur. C’est une mémoire.
Et peut-être que l’amour de soi, n’est rien d’autre que cela :
Que tu puisses faire des choix qui rassurent l’enfant de huit ans que tu étais,
et qui font sourire doucement ton toi de quatre-vingts ans que tu seras.
Vivre aujourd’hui d’une manière qui ne demande aucune excuse.
Rester soi-même.
Et peut-être que l’amour de soi commence, finalement, très simplement.
Pas par de grandes révélations. Pas par une acceptation parfaite.
Mais dans le corps dans lequel tu te réveilles chaque matin.
Ce corps, avec son histoire. Ses traces. Sa sagesse.
Le corps qui te porte à travers cette vie : non pas pour être jugé, mais pour être habité.
Peut-être que l’amour de soi, n’est rien d’autre qu’apprendre à rester.
Dans ce corps. Dans cet instant. Avec soi-même.
🤍
L’amour de soi, c’est se sentir bien dans son corps.
Ce corps qui porte ton histoire de vie,
l’enfant que tu as été et la personne âgée que tu deviendras.
Reste dans ton corps. Reste dans ta vie.
🤍
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